0

Le Mariage, une haute Ecole
 de Perfectionnement individuel


Pourquoi l’être humain est-il sur la Terre? Pour évoluer. Pour progresser. Pour s’épanouir.

Dans la solitude et le silence il est certes déjà possible de mûrir et de progresser, car c’est le chemin pour se trouver soi-même et se placer à l’écoute de sa voix intérieure.

Mais une fois qu’une certaine expérience de vie solitaire a été réalisée, l’être humain doit vérifier, à l’épreuve de la vie en commun avec autrui, quel niveau d’évolution il a réellement atteint ou pas. C’est, pour lui, l’«épreuve du feu»; il peut voir s’il est dans l’illusion ou non quant aux progrès qu’il croit avoir réalisés.

La vie avec autrui commence, sous sa forme la plus étroite, par la vie à deux. Dès lors où l’on est deux l’on a un miroir en face de soi. Et c’est précisément grâce à ce miroir que l’on peut enfin parvenir se voir soi-même. Autrement, un être humain ne peut pas se voir lui-même.

C’est là que – que l’on se définisse ou non comme Chrétien, car il est possible de reconnaître l’immense valeur d’un judicieux conseil, quelle qu’en soit la source - la Parole du Christ sur «Le copeau et la poutre» peut s’avérer extrêmement précieuse.

Car la Parole «Tu vois le copeau dans l’œil de ton frère mais Tu ne vois pas la poutre dans Ton œil» est précisément celle qui nous permet d’appréhender le mieux possible ce puissant effet de miroir.

Or, cette Parole, que tout être humain peut vivre d’expérience avec qui que ce soit rencontré sur son chemin, il peut déjà commencer à la vivre – et souvent de la façon la plus puissante - au cours de la vie à deux, donc dans le mariage.

Cela se traduit par: «à chaque fois que Tu Te heurtes à l’autre, ne recherche pas la faute en lui mais uniquement en Toi!»

Naturellement, cela ne veut pas dire que l’autre soit parfait ni que, s’il te marche sur les pieds, il ne faille pas le lui dire, mais cela veut dire que, à chaque fois que, dans tes relations avec l’autre, tu éprouves un dérangement intérieur il t’est offert une occasion de progresser.

Car, en ce cas, il n’y a que deux possibilités : ou bien Tu recherches en l’autre la faute pour ce dérangement ou bien tu la recherches en toi-même. Or, il n’y a que la deuxième possibilité qui soit pour toi une occasion de progrès, car seule la remise en cause de soi-même fait ici progresser, mais jamais le fait de rejeter la faute sur l’autre!

En effet, lorsqu’un être humain a atteint un très haut niveau de Pureté, tout ce qui arrive sur lui de négatif en provenance des autres ne fait que ricocher sur lui-même sans l’atteindre intérieurement. L’impureté extérieure ne trouvant pas d’écho en lui n’a pas de prise sur lui et doit s’en repartir sans l’avoir intérieurement endommagé.

Dans le cas du mariage, si, par exemple, au cours d’une procédure de divorce, en dehors, bien sûr, des cas objectifs de sadisme ou de cruauté avérés, l’un des conjoints, au cours du constat d’échec, au lieu de se retirer simplement et dignement, cherche à accabler son conjoint et, sans d’abord se regarder lui-même, lui reproche toutes sortes de fautes et de comportements, il prouve par là même qu’il n’a pas encore compris le haut But du Mariage, il prouve qu’il n’a jamais lui-même sérieusement cherché à s’amender au cours de l’union, il prouve seulement qu’il n’avait envisagé le mariage que comme une association terrestre destiné à lui apporter des avantages et des satisfactions purement matérielles et terrestres.

Car l’engagement mutuel devant être pris au cours du Mariage en tant que profonde expérience de vie destinée à faire puissamment évoluer le noyau de l’être humain n’est pas: «Restons ensemble bien collés, quoi qu’il arrive, jusqu’à la fin de notre vie terrestre!» mais bien: «Avec Toi, élevons-nous vers le haut! Atteignons ensemble le sommet de notre propre Accomplissement!»

Si un tel objectif n’est pas ou n’est plus commun aux deux parties, alors il est, dans tous les cas, indispensable que soit dénoué le lien indigne qui maintient attachés ensemble les deux êtres aux buts tellement dissemblables, car non seulement ils ne pourront (plus) rien s’apporter de valable l’un à l’autre mais – ce qui est bien pire – le lien empêchera celui ou celle qui aspire à l’élévation de pouvoir continuer à évoluer, tandis que celui ou celle qui refuse de se surmonter ne fera que se charger d’une culpabilité plus grande en agissant comme un frein en regard de l’évolution de l’autre.

Ceci est tout particulièrement vrai lorsque, au départ, un homme et une femme s’unissent avec un haut But commun, mais que, plus tard, au fil des années, l’un(e) des deux s’en détourne. En de tels cas, celui ou celle qui aspire à la libération vis-à-vis du lien devenu pour lui/elle terriblement entravant, pourra apparaître, vu de l’extérieur avec un regard superficiel, comme celui ou celle qui quitte – ou même – « abandonne » l’autre, alors qu’en réalité c’est celui ou celle qui, même s’il/elle s’accroche extérieurement encore à l’autre ou est décidé à «lui faire payer» le prix de l’«abandon», a intérieurement abandonné le chemin que les deux, au départ, avaient, d’un commun accord, décidé de suivre ensemble qui est le véritable «abandonneur».

C’est pourquoi, en de tels cas, il est nécessaire de faire preuve de la légendaire sagesse de Salomon pour reconnaître la vérité des êtres et des choses et clairement la distinguer des apparences, qui, comme toujours, sont souvent trompeuses.

Ce n’est que lorsque le haut But d’évoluer et de progresser ensemble, pour atteindre un haut degré d’humanitude, est commun aux deux parties que le Mariage, dépassant le cadre limité d’une simple association terrestre, pourra apporter aux deux côtés les riches Bénédictions qu’il recèle en lui.

 Jean-François Jacob